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LA BIODIVERSITÉ SUR UN AÉROPORT
OUI MAIS POURQUOI ?

Une démarche biodiversité responsable consiste, sur un aéroport, à mieux connaître la faune, la fl ore et leurs habitats. Elle permet à l’exploitant de se doter d’une connaissance des espaces naturels pour en adapter et en faciliter la gestion, sans remettre en cause la sécurité du transport aérien.

Voilà l’engagement entrepris en 2021 par l’Aéroport du Golfe de Saint-Tropez (AGST). Bien que déjà très ancrée dans la culture d’entreprise, la gestion de la biodiversité sur AGST a été consacrée par la signature d’un partenariat avec l’association AERO BIODIVERSITE en mars 2021.

Cette association a été créée en 2015 en partenariat avec entre autres Air France, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) et le Muséum national d’Histoire naturelle. Elle est présente aujourd’hui sur une cinquantaine d’aéroports français de toutes tailles et a pour but d’évaluer et valoriser la biodiversité des
aéroports, ainsi que d’identifier les bonnes pratiques de gestion des plateformes.

DES PRAIRIES AÉROPORTUAIRES
RÉSERVOIRS DE BIODIVERSITÉ !

Les prairies constituent un grand potentiel d’accueil de la biodiversité et peuvent être, localement considérables tant par leur surface que par leur richesse biologique. Par conséquent, les emprises aéroportuaires sont susceptibles de devenir des refuges pour les communautés animales et végétales. Et au-delà de leur rôle de support pour la biodiversité, les prairies aéronautiques contribuent aussi à de grands processus : Elles participent ainsi à la pollinisation des cultures avoisinantes, mais également à différents phénomènes de régulation notamment celui du climat, à travers le stockage du carbone ou encore la régulation de la qualité de l’eau.

Sur AGST, les espaces verts aéroportuaires ne dérogent pas à la règle et regorgent de belles surprises :

  • ont notamment été observés le papillon « Diane (Zerynthia polyxena) » (espèce protégée de plus en plus rare) sur sa plante hôte « l’aristoloche » (Aristolochia rotunda)
  • ou encore 41 espèces d’oiseaux ont été recensées lors de cette première année de prospection sur la plateforme, dont 32 sont protégées nationalement.
  • Au total, 376 espèces ont été inventoriées sur l’aéroport en 2021.
  • Plus de 5 zones d’intérêt (habitat à enjeux) ont été référencées et seront suivies sur les 3 visites annuelles de l’association.

EN ROUTE VERS
LE ZÉRO PHYTO !

Au 1er Juin 2022, l’utilisation des produits phyto sera interdite dans certains lieux et réglementée sous condition dans d’autres (LOI LABBE).
Serons-nous prêts ?

Bien que les aéroports soient identifiés dans ce deuxième cas de figure, l’Aéroport du Golfe de Saint-Tropez a fait le choix, déjà depuis plusieurs années, de réduire considérablement son recours aux produits phyto-sanitaires privilégiant des méthodes plus naturelles et en accord avec le milieu exceptionnel qui l’entoure.
Aujourd’hui, l’aéroport s’inscrit dans une gestion raisonnée quasi dépourvue de produits phyto. Et au 1er juin, la conversion sera totale !

CAP 2030 : UN AÉROPORT NET ZÉRO EMISSIONS

Cela fait moins de deux ans qu’Aéroports de la Côte d’Azur a officiellement lancé sa démarche Net Zéro 2030.

L’Aéroport du Golfe de Saint-Tropez est d’autant plus en avance sur cette stratégie qu’il a tout mis en œuvre pour être un aéroport net zéro émission dès 2020.

La première étape de cette démarche consiste à réduire les consommations énergétiques sur l’ensemble des postes sous le contrôle de l’aéroport. Cela passe par le changement d’ampoules énergivores par du LED dans l’aérogare, l’optimisation de la lumière naturelle, l’isolation thermique des locaux tels que les vestiaires du Service de Sauvetage et de Lutte contre l’Incendie des Aéronefs (SSLIA) ou encore la mise en place d’un contrat d’achat d’énergie renouvelable. En effet, l’aéroport établit son inventaire des émissions de gaz à effet de serre qu’il émet depuis 2013 et a développé un plan de management carbone pour limiter au maximum les consommations énergétiques.

La deuxième phase de cet engagement consiste à décarboner les activités notamment en remplaçant les véhicules thermiques par des modèles électriques ou en développant des concepts innovants, tels que l’installation de boitiers à injection d’hydrogène sur ses véhicules et engins diesel spécifiques afin de limiter les émissions de polluants et la consommation de carburants.

Afin d’absorber les émissions résiduelles et incompressibles, l’aéroport a planté plus de 1 100 arbres, uniquement des essences méditerranéennes type myrte, arbousier, chêne liège, pin d’Alep… sur l’emprise aéroportuaire. Ces plantations de puits carbone naturels permettent d’absorber théoriquement 30 tonnes de CO2 par an, soit deux fois plus que les émissions directes émises par AGST.

L’aéroport a passé un cap en 2021 avec l’obtention du niveau 4+ du programme international Airport Carbon Accreditation. Ce niveau est celui de la « transition ». Il demande aux gestionnaires aéroportuaires de se rapprocher des autres acteurs du transport aérien pour mettre en place des plans d’action communs afin de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre. Et puis, surtout, la grande nouveauté de ce niveau est que l’aéroport doit désormais diminuer ses émissions non plus par passager ou par mouvement, mais en valeur absolue. C’est la réduction de ce tonnage total qui est désormais jugé.

Les actions en matière de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) ne se limitent pas aux émissions directes d’AGST. L’aéroport engage également des démarches afin de réduire les émissions indirectes induites, dites du scope3, tels que le compostage sur site des bio déchets afin de réduire la part de déchets tout venants qui partent en traitement à l’incinération ou encore l’utilisation de groupe
électronège (GPU) électrique pour limiter le recours aux groupe auxiliaire de puissance (APU) des aéronefs.

ET EN 2023
ON FAIT QUOI ?

AGST poursuit et consolide sa gestion et ses connaissances en matière de biodiversité en mettant en place les protocoles de suivi et d’observation préconisés par l’association.
Des actions de préservation ont été déployées comme par exemple cette initiative de protection sur la zone de ponte du papillon Diane.

Vers une démarche de labellisation …

Un label AEROBIO a été créé en 2021 afin de valoriser le travail et l’engagement des aéroports inscrits dans la démarche Aéro Biodiversité. Il repose sur 4 critères (Gestion de la biodiversité, Investissement du personnel, Ancrage territorial et Communication) et comporte 3 niveaux d’exigence.